Non, ce ne sont ni les noms de déesses créoles invoquées en période de sécheresse, ni celui de bombes latines déambulant sur la plage…Ces doux noms évoqueraient plutôt la violence et l’ennui…
les fameuses tempêtes tropicales.
La violence, oui, vous voyez bien ce que cela peut être ; certains d’entre vous, marins ou habitués des rivages bretons, boulonnais ou normands, connaissent trop bien la violence de ces tempêtes. Ces vents qui arrachent les arbres, vous forcent à marcher courbés (ici avec le chikungunya ça commence à devenir une mauvaise habitude), vous dérangent le brushing (les bains répétés et le trajet en voiture fenêtres ouvertes-cheveux au vent m’avaient déjà fait renoncer jusqu’à la simple utilisation d’une brosse, les dreadlocks guettent !), vous font regarder la mer avec une petite pointe d’angoisse mais également d’envie, vous glacent jusqu’aux os dès que vous tentez courageusement une sortie vers le bistro du coin…
Point d’exotisme sur ces points, un peu plus chauds et accompagnés de fortes pluies, les vents à la Réunion sont les mêmes et se produisent invariablement le week-end (corrélation n’est pas raison ?!)...
Vigilance cyclonique, alerte orange, alerte rouge… la tempête tropicale modérée se trouve actuellement par 16°4 sud et 57°3 est, elle est à 300km des côtes, avance à 12km/h...
Autant de termes avec lesquels vous vous familiarisez très facilement et qui viennent dans la conversation aussi fréquemment que chikungunya et Aedes albopictus (vous avez songé aux cours de diction ?).
Vous devenez un accro des flashs météos qui pourraient vous empêcher de rallier votre lieu de travail mais également de profiter du lagon d’une couleur pourtant très douteuse.
Vous appelez vos amis pour savoir si chez eux il pleut toujours (ils sont à moins d’1 km mais sait-on jamais ?), si leur toit s’est envolé, s’ils voient les vagues, sont-elles grosses ? puis vous faites des commentaires très avisés sur la force du vent, n’excédant sûrement pas celle des tempêtes métropolitaines, sur la force des pluies, excédant sûrement celle du crachin breton…
le réseau saturé de tous ces appels de détresse vous rappelle à la réalité et vous retournez à votre fenêtre…
Et puis quand tout est fini, que les routes sont praticables, qu’il ne pleut plus (enfin presque), que la vie a repris son cours, il vous restera toujours Aedes. Les populations de moustiques ont-elles été décimées ? les gîtes larvaires sans doute, mais qu’en est-il des adultes ? Ils sont sûrement affamés et la recherche de la moindre goutte d’eau pour essaimer. Voilà de quoi occuper votre prochaine pause déjeuner avec vos collègues où vous pourrez faire étalage de vos connaissances fraîchement acquises grâce à Free Dom…
Mais au fait, l’ennui, mais oui l’ennui… ?!
Vous avez déjà passé un week-end enfermé dans une chambre de 15m² avec un petit diable qui réclame à corps et à cris son bain de mer hebdomadaire ?

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